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France

Une nouvelle ère d’échanges commerciaux et d’investissements bilatéraux

sur March 26, 2026

Caroline Eber-Ittel CEO, France and Head of Coverage, Europe

Cet article a été initialement publié sur Reuters.com

Les flux bilatéraux en matière de commerce, d’investissement et d’innovation numérique transforment les chaînes d’approvisionnement et les liens entre l’Europe et l’Asie, l’Afrique et le Moyen-Orient.

Les échanges commerciaux entre l’Europe et les marchés émergents ne sont plus à sens unique. En Asie, au Moyen-Orient et en Afrique, les liens commerciaux s’intensifient dans les deux sens. L’Union européenne reste le premier partenaire commercial et d’investissement de l’Afrique, les échanges entre les deux régions ayant augmenté d’environ 30 % au cours de la dernière décennie. L’Asie représente désormais plus de 28 % des exportations de biens de l’UE et 40 % de ses importations, parallèlement à un commerce de services dynamique.

Les tendances en matière d’investissement reflètent cette même évolution. Les investissements transfrontaliers vers les régions émergentes telles que l’Afrique et l’Inde ont fortement augmenté, les investissements en Afrique ayant progressé d’environ 109 % depuis 2019. Les investissements en Europe sont également en hausse, soulignant l’émergence d’un corridor commercial et d’investissement bidirectionnel plus équilibré. La géopolitique, la reconfiguration des chaînes d’approvisionnement mondiales et la transition énergétique accélèrent cette tendance, qui s’étend désormais à des secteurs allant de la technologie aux biens de consommation en passant par l’industrie manufacturière.

Le renforcement des liens commerciaux multidirectionnels

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Exportations de l’UE
L’Asie représente plus de 28 % des exportations de marchandises de l’UE.

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Croissance régionale
Les échanges commerciaux entre les régions ont connu une croissance d’environ 30 % au cours de la dernière décennie.

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Importations de l’UE
L’Asie représente 40 % des importations de l’UE, sans compter un commerce de services très actif.

*Données fournies par l’ASEM Info Board

L’Europe et les marchés émergents : des investissements dans les deux sens

Concrètement, cette évolution se traduit par un réseau croissant d’investissements et de services réciproques. Les fabricants européens sont implantés depuis longtemps au Vietnam. Aujourd’hui, des constructeurs vietnamiens de véhicules électriques s’installent en Allemagne et sur d’autres marchés européens, où ils ouvrent des sièges sociaux et des points de vente. Les marques de luxe françaises exploitent des boutiques en Chine, tandis que des entreprises biotechnologiques chinoises créent des pôles de recherche et d’innovation en Europe.

Les capitaux circulent dans les deux sens. L’institution financière norvégienne Norfund a récemment investi 75 millions de dollars dans Mulilo, un développeur sud-africain d’énergies renouvelables. Parallèlement, les fonds souverains du Moyen-Orient, notamment ceux d’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et du Qatar, augmentent leurs investissements dans des actifs et des projets européens, tandis que des entreprises chinoises construisent des usines de batteries pour véhicules électriques à travers l’Europe centrale et occidentale.

Les entreprises européennes privilégient les régions les plus dynamiques en termes de croissance, où la demande et les investissements connaissent une expansion rapide, explique Caroline Eber-Ittel, PDG pour la France et responsable de la couverture Europe. « Dans des pays comme l’Inde, on observe un marché manufacturier solide, associé à une innovation numérique rapide et à une population avide de croissance et de développement », précise-t-elle. « Nos clients européens souhaitent participer activement à ces tendances. »

Les entreprises qui s’implantent en Europe se concentrent tout autant sur le développement de la logistique, des biens de consommation et des services financiers à travers le continent. Selon Mme Eber-Ittel, la population nombreuse et aisée de l’Europe, sa main-d’œuvre bien formée et sa stabilité politique continuent d’en faire une destination attractive. « Dans un monde en pleine mutation, c’est une région plus équilibrée et plus prévisible », ajoute-t-elle.

Comment les entreprises s’adaptent à ce nouveau contexte

À mesure que les acteurs des marchés émergents s’implantent en Europe et que les entreprises européennes s’étendent en Asie, en Afrique et au Moyen-Orient, l’environnement du commerce international devient plus complexe. Pour les entreprises européennes, réussir cette transition nécessite de trouver un équilibre entre conformité réglementaire et agilité opérationnelle.

De nombreuses entreprises diversifient leurs réseaux logistiques, en utilisant plusieurs ports et en construisant de nouveaux entrepôts afin de gérer plus efficacement leurs importations et leurs exportations. D’autres nouent des partenariats avec des distributeurs locaux pour faciliter leur entrée sur de nouveaux marchés. L’une des plus grandes entreprises de messagerie au monde, par exemple, a récemment étendu son infrastructure logistique au Moyen-Orient. Ailleurs, des partenaires publics et privés soutiennent des projets d’infrastructure à grande échelle tels que le chemin de fer Atlantique de Lobito, qui vise à relier les marchés africains de l’intérieur aux ports atlantiques.

L’expertise réglementaire est devenue un autre facteur clé de différenciation. Les entreprises qui s’étendent en Europe doivent se conformer aux sanctions de l’UE et à des exigences de plus en plus complexes liés à l’ESG, aux émissions de carbone et à la protection des données. Les réglementations émergentes, telles que le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (CBAM) de l’UE, qui impose aux exportateurs de déclarer leurs émissions et de respecter des seuils définis, modifient la manière dont les entreprises documentent leur conformité et gèrent leurs chaînes d’approvisionnement.

Les solutions numériques peuvent aider les entreprises à répondre à ces exigences tout en rationalisant la documentation. « Investir dans les bonnes solutions numériques est un autre élément clé pour s’adapter à ce changement », explique M. Eber-Ittel. « Le suivi en temps réel des formulaires douaniers, de la facturation et de la gestion de la chaîne d’approvisionnement est inestimable pour le commerce transfrontalier. »

Un partenaire solide pour un commerce mondial intégré

L’intensification des échanges commerciaux entre l’Europe et les marchés émergents reflète une tendance plus large vers un commerce mondial intégré, c’est-à-dire la capacité des entreprises à opérer efficacement au-delà des frontières. Pour parvenir à cette intégration, les entreprises doivent gérer leurs obligations réglementaires et leur documentation, traiter des paiements internationaux dans plusieurs devises et mettre en place des chaînes d’approvisionnement résilientes.

Grâce à nos relations bien établies sur les marchés locaux, nous sommes idéalement placés pour accompagner les entreprises, tant en Europe qu’à l’extérieur, dans la gestion de cet environnement.

Nous jouons un rôle unique dans la mise en relation de l’Europe avec les marchés émergents dynamiques, car notre présence s’aligne sur la croissance mondiale.